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Lundi, le 14 juillet 2008 (dans Consommation & Finance)
Combien de fois vous est-il arrivé d’aller courir les magasins pour acheter quelque chose, une paire de jeans par exemple, et de revenir avec le coffre de la voiture plein à craquer, mais sans cette fameuse paire de jeans? Nous nous faisons prendre à chaque fois par des panneaux publicitaires affichant un gars cool avec son nouveau cellulaire, des supposées ventes à tout casser, des promotions deux pour un ou d’une offre d’un cadeau gratuit à l’achat… Voici quelques petits trucs pour éviter ces pièges et obtenir ce quoi vous aviez vraiment besoin initialement : une paire de jeans.
Un besoin, c’est un manque qui peut mettre en jeu votre survie, votre sécurité et votre santé : de la nourriture, un lieu d’habitation pour vivre, des bottes en hiver pour ne pas se geler les pieds, de l’énergie pour se chauffer…
Un désir, c’est une gâterie, du luxe, du confort supplémentaire ou juste une question de mode : le dernier gadget électronique branché, un jouet à la mode de piètre qualité fabriqué en Chine, des vêtements griffés, la dernière console de jeux fraichement sortie…
La ligne entre les deux est parfois mince, mais il faut savoir la tracer. Par exemple, vous voulez acquérir un téléphone cellulaire pour être joignable en tout temps par l’école de votre enfant, car vous êtes un parent monoparental qui travaille sur la route. Vous vous présentez donc à une boutique et on vous présente le dernier téléphone mobile qui vous permet de prendre des photos, jouer à des jeux, surfer sur internet, envoyer des courriels… ha oui, et téléphoner! Tout ceci est très attrayant, excitant et branché, mais votre besoin initial est de pouvoir recevoir des appels. Rien de plus! Le téléphone le plus simple possible (et moins cher) ou même un simple téléavertisseur ferait l’affaire. Alors, c’est à vous à ne pas vous laisser prendre dans le jeu du vendeur et de la publicité et tracer cette ligne entre votre besoin et le désir d’avoir le dernier gadget disponible.
Assoyez-vous tranquille, prenez une feuille de papier et faites deux colonnes avec les titres suivants : besoins et désir. Dans la première colonne, listez les choses dont vous avez vraiment besoin. Par exemple du savon à vaisselle, des bottes d’hiver pour votre fils qui grandit, des articles d’école pour vos enfants, des médicaments… Dans l’autre colonne, écrivez les choses que vous désirez posséder comme le dernier cellulaire qui arrive sur les tablettes, une paire de souliers pour ajouter à vos douze paires existantes, un abonnement à tous les canaux offerts par votre câblodistributeur…
Ensuite pour ce qui est de vos besoins, évaluez votre budget et faites seulement les achats nécessaires. Pour la liste des désirs, écrivez la date à laquelle vous les avez décrits et relisez votre liste dans trente jours. Si après tout ce temps vous jugez que vous voulez encore ces biens, procédez aux achats en accord avec votre budget. Le fait d’attendre trente jours vous permet de revenir les deux pieds sur terre et de vous apercevoir que finalement, vous n’avez peut-être pas un si grand besoin d’un ou des biens listés dans la colonne désir. C’est justement le problème des impulsifs : ils ne prennent pas toujours le temps d’évaluer le pour et le contre de leurs pulsions d’achat.
Sachez ignorer et ne plus voir toutes les publicités qui sont exposées partout : à la télévision, à l’arrêt d’autobus, dans les journaux, dans les magazines, dans les circulaires, sur les sites web, dans vos courriels, dans les magasins… Dans la majorité des cas, ces annonces publicitaires ne sont pas là pour vous vendre un produit qui comble un besoin, mais plutôt pour vous vendre quelque chose dont vous n’avez pas besoin en créant un sentiment de manque.
La mode, utilisée de pair avec la publicité, est l’outil idéal pour inciter les gens à consommer sur le coup de l’émotion. On tente de vous faire croire que le bien que vous possédez est désuet, démodé et non fonctionnel même si ce même bien est en parfait état de marche et qu’il répond à 100% à votre besoin. Vous ressentez donc un faux sentiment d’infériorité et de manque qui vous incite à faire un geste que vous n’auriez pas fait en temps normal : un achat impulsif (voir mon article précédent : Le commerce de la peur, c’est payant!).
Je crois que c’est la pire chose à faire surtout pour les personnes qui ont une tendance à l’achat impulsif. En allant vous promener dans un centre commercial pour faire du lèche-vitrine ou simplement prendre un café, vous êtes exposés à une quantité phénoménale de publicité, de promotions, de beaux produits (je n’ai pas dit pratique), de vendeurs tenaces… Alors si vous n’avez rien à faire, allez donc prendre l’air, visiter des gens que vous aimez, lisez un livre, planifier vos vacances… Changez-vous les idées!
Ceci peut paraitre paradoxal, mais si vous venez de contrôler vos pulsions et que vous vous êtes tenus à faire un achat répondant strictement à vos besoins et non vos désirs, récompensez-vous avec une simple chose (peu coûteuse) que vous aimez : un bon café de spécialité, un diner au restaurant, une crème glacée triple chocolat, un magazine que vous appréciez… Nous sommes quand même humains et de petits plaisirs sont toujours appréciés quand on le mérite!
Il est bien évident que nous pouvons quand même parfois succomber à nos désirs, mais comme toutes bonnes choses la modération à bien meilleur goût!
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